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26/07/2007

26/07/07 - 16:05

Hyperprésidentialisme !

En voilà un gros mot ! Un mot trop long pour être honnête.

Nicolas Sarkozy pratique donc l'hyperprésidentialisme. Tout le monde sait ici que je ne suis pas un chaud partisan de notre nouveau président, loin s'en faut. Mais certaines de ces actions m'intéressent. Je me demande intérieurement : "Et si celui-là allait réussir ?"

Le service minimum, la réforme des universités, le "paquet fiscal", tout cela nous en parlerons plus tard. Mais il y a une chose que je trouve intéressante, c'est précisément cet hyperprésidentialisme.

La France, à cause de son histoire républicaine compliquée s'est retrouvée avec une Vème République dans laquelle le président et le premier ministre se partageaient l'exécutif. François Mitterrand et Jacques Chirac ont profité de cet état de fait pour faire du président un irresponsable politique usant de leur premiers ministres comme de fusibles. Le général de Gaulle avait pourtant voulu un président ayant beaucoup de pouvoirs. M. Sarkozy ne les utilise-t-il pas trop ? C'est une autre question. Le mérite que je lui trouve est qu'il recentre la Vème République autour du président qui possède, rappelons-le, le plus de pouvoir que n'importe lequel de ses homologues dans les démocraties occidentales. Centrer les pouvoirs autour du président est intéressant en ce qu'il devient politiquement responsable des actions qu'il engage. Cela contrevient toutefois à l'article 20 de notre Constitution selon lequel "le gouvernement conduit et détermine la politique de la Nation".

Dans le cadre de la réflexion portant sur le renouvellement de nos institutions, je pense qu'il est important de s'interroger sur le rôle du premier ministre. Faut-il, comme l'avait proposé Dominique Strauss-Kahn, le supprimer ? Je le crois. Certes, le premier ministre peut remplacer le président de manière exceptionnelle en conseil des ministres, mais cette fonction peut tout aussi bien être assurée par le président du Sénat. Je pense qu'un exécutif à deux têtes ne peut pas être efficace et que le président de la République n'a plus l'ardent devoir de s'occuper des affaires de la Nation s'il peut se protéger derrière son premier ministre.

Opérer un tel changement dans notre Constitution nécessiterai de revoir également le rôle du Parlement pour que celui-ci puisse observer un véritable contrôle sur le président de la République. Renforcer le pouvoir présidentiel implique nécessairement de renforcer les pouvoirs du parlement. La vision que Nicolas Sarkozy a de l'exercice du pouvoir présidentiel implique ces changements et peut-être sont-ils nécessaire pour que notre démocratie fonctionne mieux. Dans tous les cas, l'actuel premier ministre n'a pas d'utilité et fusionner son rôle avec celui du président est une piste à approfondir.

commentaires

26/07/07 - 16:16

Je ne suis pas pour la suppression du poste de premier ministre ni pour le renforcement de la fonction présidentielle. J'ai voté contre le racourcissement du mandat du président de la République parce que je considérais qu'il s'agissait d'une réforme incomplète, qui pouvait aussi bien conduire à l'omnipotence présidentielle qu'à la réduction de son rôle, en cas de cohabitation...
J'aurai l'occasion de m'exprimer sur ces sujets constitutionnels ; on ne peut supprimer le poste de premier ministre et garder le droit de dissolution de l'Assemblée dont dispose le président, par exemple.

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